NAISSANCE DE LA PENSEE

 

 

A-    la pensée naît d’un regard (se découvrant alors) et d’un langage (se créant en même temps) et elle ne demeure identique, inchangée, que grâce au respect rigoureux de ses règles et limites initiales ; pourrait, sinon la modifier fondamentalement , mais tout au moins annoncer une possibilité de mutation, une écriture se voulant antérieure à cette naissance, et se glissant dans l’intervalle situé entre des règles d’une absolue rigueur et un regard d’une extrême intensité .

 

 

B-1: le visible seul est l’objet du récit, qu’il soit immédiat  (ou considéré comme tel) ou reprise d’une vision personnelle ou issu d’un discours entendu,  toute introduction dans une autre pensée est à exclure.

 

-2 : le présent absolu est le seul temps grammatical utilisable, étant entendu que la narration d’événements passés est possible mais à condition d’être traitée sous une forme grammaticale sous une forme grammaticale faisant appel au temps présent ;

-3 : l’écriture refuse la première personne qui donne plus de place au narrateur qu’à l’objet du récit, la deuxième qui renvoie aux mécanismes habituels du langage et la troisième qui crée artificiellement un personnage, l’écriture  ne peut qu’être rigoureusement impersonnelle 

 

-4 : issues des systèmes habituels de la pensée, toutes comparaisons ou métaphores sont à prohiber ;

 

-5 : le mot doit toujours être parfaitement adapté à son objet, le plus courant, le plus usité et le langage le plus simple possible, ce qui n’exclue nullement le terme rare ou l’agrégat insolite.

 

-6 : ce questionnement des origines de la pensée s’accomplit sous une forme volontairement  et perpétuellement interrogative

 

-7 : l’émotion est créée par cette interrogation, une recherche permanente de l’exotisme du proche et du quotidien et la création des personnages insolites ;

 

    C : le rythme de l’écriture est obtenu par :

-         des successions d’adjectifs en séquences de : 2, 3,ou 4,

-         des successions d’agrégats, en séries de 2, 3 ou 4,

-         des phrases composées de deux parties égales, comprenant un mouvement ascendant et un mouvement descendant,

-         des reprises systématiques  de mots ou d’agrégats en séries de 2, 3, 4 ou 5

-         des séries de phrases égales, et de composition proche  par groupe de 2, 3 ou 4 ;

 

    D : la délimitation des phrases concernées étant assurée par :

-         les points  virgules et les points,

-         plus rarement par les virgules ;

 

     E : chaque phrase fixe au cours de son déroulement, son propre rythme, le nombre et l’importance de ses séquences, les règles ainsi établies, bien que provisoires, doivent être respectées avec rigueur mais sans que vienne se rajouter d’autre prescription ;

F : des effets de rimes, rares mais perceptibles ;