Claudette ORIOL-BOYER
dans "texte en main"
Tout se passe dans un palais, c'est-à-dire là où passe le souffle de la parole. Il suffit d'un R pour arriver à parler : ainsi peut-on entendre, dès la première page, qu'il "aspire un peu de l'AIR qui englue le palais où dorment encore quelques fonctionnAIRes".
Les mots sont les maîtres. La dimension métatextuelle aussi. Un soir où elle lui demandait "Quand tu parles d'amour, à qui t'adresses-tu ? à moi, à toi ou à l'amour ?" il lui répondit : " C"est bien souvent aux mots que je m'adresse."
Aucun reflet, seuls règnent les dédoublements de la réflexion : "Les capacités se multiplient à l'infini quand sont repris inlassablement quelques motifs... car la répétition permet une exploration qui dévoile sans cesse de nouvelles voies... Examinant perpétuellement les mouvements de sa pensée, il accepta cette présence en lui qui jugeait son raisonnement... en éclairait les démarches... il savait que je tenterais de discerner comment il a pu échapper à la division de l'être en réalisant la séparation des réflexions." On le voit, parler de cette oeuvre c'est la récrire car elle est "cet achèvement qui lui permet de faire de tout ce quelle approche une partie d'elle-même."
N'est-elle pas elle-même, de multiple façon, réécriture de Claude Simon ?
Claudette Oriol- Boyer